16 janvier 2008
08 janvier 2008
07 janvier 2008
01 janvier 2008
23 décembre 2007
Les comptes {rectifiés}

Deuxième année, deuxième "classement", qui comme tout classement est idiot et a pour vocation d'évoluer.
Un film inoubliable, sur lequel je n'arriverai décidement pas à écrire.
Une longue liste de grands grands films, tous sortis en fin d'année.
Et puis le reste, dans le désordre, mais qu'est ce que ça fait du bien !
Espérons que l'année prochaine réserve autant de bonnes surprises.
La graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche
Ratatouille de Brad Bird
We own the night de James Gray
Zodiac de David Fincher
Eastern promisses de David Cronenberg
L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford de Andrew Dominik
Secret sunshine de Lee Chang Dong
Nous les vivants de Roy Andersson
La vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck
De l'autre côté de Fatih Akin
Les chansons d'amour de Christophe Honoré
Time de Kim Ki Duk
Lettres d'Iwo Jima de Clint Eastwood
Deathproof de Quentin Tarantino
INLAND EMPIRE de David Lynch
Un secret de Claude Miller
Les témoins de André Téchiné
Alexandra d'Alexandre Sokourov
La question humaine de Nicolas Klotz
La vengeance dans la peau de Paul Greengrass
Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel
Sunshine de Danny Boyle
Je crois que je l'aime de Pierre Jolivet
Lady Chatterley de Pascale Ferran
Anna M.
Bug de William Friedkin
Les climats de Nuri Bilge Ceylan
Les rois du patin de Josh Gordon, Will Speck
Across the universe de Julie Taymor
The fountain de Darren Aronofsky
Paranoid park de Gus Van Sant
The last king of Scotland de Kevin Macdonald
21 décembre 2007
Le couloir de la Mort {Paris 3}
11 décembre 2007
Le panoramique le plus subtil de l'Histoire du Cinéma
Je confirme cette affirmation qui m'était venue à l'esprit (hum hum) lors de la vision de Born Yesterday (Comment l'esprit vient aux femmes) de Cukor, lors de la rétrospective qui lui était consacrée par la Cinémathèque à la fin de l'année 2006.
Soit Judy Holliday (dans le rôle qui lui valut un Oscar) qui apprend l'amour et les plaisirs de l'érudition dans les bras de William Holden.
Tandis qu'un député lui parle des difficultés de son métier, Billie voit encore son savoir toucher ses limites, lorsqu'elle ne comprend pas le mot "électeurs" ("constituants"). D'un simple mouvement de tête, elle se tourne vers le dictionnaire situé derrière elle, tout en sachant qu'elle ne peut montrer les faiblesses de son vocabulaire. La caméra la suit, panotant de la gauche vers la droite, décadrant le politicien pour faire entrer dans le champ l'encyclopédie inaccessible.
L'effet comique est indiscutable, reposant à la fois sur le jeu apaisé de Holliday, et sur un panoramique (mouvement de caméra on ne peut plus classique) arrivant à point.
Comme si la mise en scène du maître Cukor s'adaptait aux envies croissantes de connaissances de la grue.


Soit Judy Holliday (dans le rôle qui lui valut un Oscar) qui apprend l'amour et les plaisirs de l'érudition dans les bras de William Holden.
Tandis qu'un député lui parle des difficultés de son métier, Billie voit encore son savoir toucher ses limites, lorsqu'elle ne comprend pas le mot "électeurs" ("constituants"). D'un simple mouvement de tête, elle se tourne vers le dictionnaire situé derrière elle, tout en sachant qu'elle ne peut montrer les faiblesses de son vocabulaire. La caméra la suit, panotant de la gauche vers la droite, décadrant le politicien pour faire entrer dans le champ l'encyclopédie inaccessible.
L'effet comique est indiscutable, reposant à la fois sur le jeu apaisé de Holliday, et sur un panoramique (mouvement de caméra on ne peut plus classique) arrivant à point.
Comme si la mise en scène du maître Cukor s'adaptait aux envies croissantes de connaissances de la grue.


07 décembre 2007
03 décembre 2007
02 décembre 2007
26 novembre 2007
Chronologie d'un désastre héroïque

Quel horrible moment.
Robert Zemeckis, fondateur (parmi de nombreux autres, mais quand même...) de ma cinéphilie avec des films aussi incroyables (et réussis) que Forrest Gump, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, la trilogie Retour vers le futur et même (j'avoue !) la Mort vous va si bien vient de faire LE film que je redoutais, je dirai même plus, COMME je le redoutais.
Le projet Beowulf vient, dans la filmographie de Zemeckis, juste après le premier essai en totale motion capture (technique de captation des mouvements des acteurs, reproduits par ordinateur pour créer un "clone" virtuel) qu'était Le Pôle Express. Ce Polar Express, je l'avais raté, à ma grande honte pour le culte que je voue au réalisateur, mais qui ne m'a pas attiré ni dans son principe, ni dans sa promotion.
Zemeckis est, peut-on l'oublier ?, un extraordinaire faiseur d'images, et même au delà : un expérimentateur des "hautes technologies" cinématographiques. Le corps troué de Goldie Hawn et le coup brisé de Meryl Strip (Death becomes her), les voitures volantes de Back to the future, le serrage de main avec Kennedy (Forrest Gump), le monde des Toons (Who framed Roger Rabbit ?), le plancher transparent et l'entrée dans une voiture en marche dans Apparences (What lies beneath) ou l'incroyable plan du miroir (ceux qui l'ont vu s'en rappellent !) de Contact éclairent le génie d'un homme trop souvent éclipsé par son ami et producteur Steven Spielberg.
Et même au delà de ces prouesses techniques, la plupart de ses films atteignent une qualité esthétique, artistique et commerciale exceptionnelles !
Courageux, Zem enfonce le clou dans la quête de la perfection graalesque de la motion capture malgré les critiques virulentes contre son précédent opus. Qui avait d'ailleurs connu un démarrage plus que poussif au box-office avant de ressortir en IMAX-3D pour remporter un franc succès, et rentabiliser enfin le coût exhorbitant du film.
Beowulf assume donc la chronologie de sa fabrication et a pour vocation d'être projeté dans les mêmes conditions de moins en moins exceptionnelles (aux Etats-Unis !) que le Pôle Express.
Il est donc évident que la présente critique N'EST PAS COMPLETE, et peut-être TOTALEMENT A COTE DE LA PLAQUE !
Mais quel fiasco, quand le film est projeté en 2D ! D'une laideur extrême, le film fait rire quasiment du début à la fin.
Le scénario est assez minimal et l'ennui n'est jamais loin malgré quelques pensées intéressantes (notamment sur le statut relatif du héros).
Grendal, le monstre du début est ridicule et très peu impressionnant. Sa mort amène l'intervention tant attendue d'Angelina Jolie, dont le corps "virtualisé" est un comble d'érotisation du physique de la star, qu'on a pourtant vu avant (et de nombreuse fois !) nue, "en vrai" !, et sous toutes les coutures (le très mauvais Péché mortel avec l'autre erotic-body du cinéma Antonio Banderas, etc...).
La pauvre se retrouve avec un rôle catastrophiquement atrophié, et targuée de la queue (de dragon, quand même !) qu'il manque à Beowulf (effet comique involontaire : alors qu'il est très souvent nu, les producteurs ont à chaque plan trouvé le moyen de cacher "la sienne", par divers stratagèmes : ombres improbables, différents objets au premier plan...).
Les deux personnages sont donc assexués alors qu'on les voulait physiquement et sexuellement "irréprochables" (comme dans 300, leurs corps sont sublimés par des lumières saillantes, des muscles apparents, des poitrines "palpables" par la magie de la 3D !). Pour preuve, l'incroyable plan en contre plongée sur Jolie, nue, faite comme la poupée Barbie-Baywatch.
Le combat n'aura pas lieu, et le film continue à massacrer tout ce qu'on aime chez les différents acteurs qui jouent dedans. Robin Wright Penn perd tout le charme qui nous a fait pleurer dans Forrest Gump ou She's so lovely, Anthony Hopkins est "rendu" mauvais par le système technologique, Alyson Lohman devient carrée malgré sa belle tête ronde de la "réalité", pour ne pas parler de Malkovitch, absolument insignifiant...
Après une curieuse ellipse (qui est l'une des belles surprises du film tout de même), on retrouve Beowulf vieillissant, roi d'un territoire hanté par ses "péchés" (l'autre bonne idée du film : le désenchantement du monde serait du au "nouveau Dieu des Romains", Jésus Christ quoi) amène le "grand combat" final (désolé pour les nombreux guillemets, je ne vois pas comment faire apparaître l'ironie nécessaire à l'article...) contre le dragon, choix dangereux s'il en est, tant les dragons me paraîssent être parmi les créatures les moins cinématographiques. Tant que le feu, en tant que matière, ne sera pas mieux modélisé (et c'est, selon de nombreux créateurs d'effets spéciaux, l'une des choses les plus difficiles à faire), le monstre ne pourra pas être crédible, et encore moins faire peur.
Mais c'est aussi ici que ma critique trouve ses limites : sans doute que le feu rend mieux en 3D. Toujours est-il qu'il est projeté en majorité en 2D...
Toujours sur les FX, j'ai eu énormément peur dès les premières images du rendu des textures. En fait, le début est catastrophique, me renvoyant (complètement étonné, je vous le jure !) au dernier Shrek, où les humains ressemblaient quasiment à ça (la peau, les cheveux etc...).
Heureusement, ça s'arrange par moment, aux scènes les plus importantes pour atteindre il est vrai une qualité parfois impressionnante (surtout Beowulf ou le personnage d'Anthony Hopkins). Il me paraît évident que les infographistes ont eu peu de temps pour appliquer à tous les plans la perfection recherchée (et presque atteinte dans certains).
Cependant, je rappelle le courage de Zemeckis qui se colle toujours aux nouvelles technologies, au risque du naufrage comme ici, mais aura la satisfaction d'être l'un des principaux artisans de ce qui risque (est-ce un bien ou un mal ?) de se généraliser au fur et à mesure des avancées visuelles.
Enfin, je ne vois pas où caser cette remarque déconnectée du reste, j'ai été extrêmement étonné du duel de regards leonesques entre Jolie et le best friend de Beowulf après sa mort, sur la plage. Très beau moment qui n'a rien à voir avec le reste du film, entre deux personnages qu'on a vu finalement peu, sans qu'aucune "morale" ou pensée ne ressorte (on comprend bien qu'elle essaie d'attirer le nouveau roi à elle mais est-ce tout ?). Ce qui en fait peut-être le plus beau moment de cet objet glacé...
23 novembre 2007
Drapeau renversé dans la vallée d'Elah

Jolie boucle en forme de nœud coulant que le dernier film de Paul Haggis.
David rencontre Goliath sur un terrain militaire américain. Impossible de savoir si le cadavre qu'on retrouve est celui de Goliath ou bien celui de David. L'enfant qui défie l'ennemi, ou le géant cruel ?
Toujours est-il que le symbole du film, sur lequel il s'ouvre et se referme, est la Bannière Etoilée, hissée à l'envers, signe international de détresse.
Et l'appel à l'aide double son sens.
Au nom du patriotisme, au lendemain du 11 Septembre, on avait censuré l'affiche du très mauvais "Dernier Château" avec Redford. Elle arborait ce même drapeau, renversé, blessant l'Américain au plus profond de sa fierté.
Aujourd'hui, Haggis ressort l'image des vieux cartons, de l'époque où les USA étaient encore considérés comme une victime, justifiant une vengeance sordide, une croisade.
Et du sacrifice abrahamesque, où la lame ne s'abat plus sur des brebis mais bien sur des enfants, le cinéma trouve sa voix, pour envoyer enfin un SOS salutaire.
16 novembre 2007
Absurdité ambulante
1.
Le chemin vers Ménilmontant
Se fait à pied, se défait en Vélib'.
L'av'nue Gambetta porte bien son nom.
2.
Il faut un sacré cœur, et de sacrées gambett'
A celui qui s'attaque aux marches de Montmartre.
Et s'il est cardiaque, le funiculaire.
Le chemin vers Ménilmontant
Se fait à pied, se défait en Vélib'.
L'av'nue Gambetta porte bien son nom.
2.
Il faut un sacré cœur, et de sacrées gambett'
A celui qui s'attaque aux marches de Montmartre.
Et s'il est cardiaque, le funiculaire.
14 novembre 2007
Mentir
Horrible petit court métrage.
Comment pensaient-ils nous faire croire à un mythomane, si l'acteur joue mal ?
Serait-ce une ruse ?
Comment pensaient-ils nous faire croire à un mythomane, si l'acteur joue mal ?
Serait-ce une ruse ?
24 octobre 2007
Secret Sunshine

Lee Chang Dong méritait la Palme d'Or*.
Cette affirmation un peu vaine souligne un fait incroyable : la Corée (du Sud, cela va sans dire...) n'a gagné aucun des trois grands prix des festivals mondiaux.
Dans les vingts dernières années (la nouvelle génération coréenne étant elle-même plutôt des 90's), aucun Lion d'Or, aucun Ours d'Or et aucune Palme d'Or n'a été attribué au Pays des matins calmes. La Chine (primée à Berlin cette année, à Venise l'an dernier), Taïwan (avec Ang Lee, primé deux fois à Venise), le Japon (Kitano à Venise, Miyazaki à Berlin) trustent, eux, une bonne partie de ces plus hautes distinctions de la cinématographie mondiale (à juste titre, souvent).
Et la Corée qui est toujours oubliée. Elle est plus que reconnue, reçoit de nombreuses récompenses (prix d'interprétation, jury...), cartonne au box-office du monde entier (et en France en particulier), et rien ne vient.
Elle se fait toujours doubler par des films-évènements plus ou moins heureux (Old Boy grillé par Farenheit 9/11 ; Secret Sunshine par 4 mois 3 semaines et 2 jours etc) et ne parvient pas à planter son drapeau en haut de la colline des prix de la cinématographie mondiale.
Que Park Chan Wook (surtout pour Old Boy), Kim Ki Duk (Time, sorti cette année est un film juste essentiel) ou ici Lee Chang Dong n'aient pas suffisament convaincu les jurés des festivals est tout simplement impensable.
Toutes ces considérations prennent corps lorsque l'on "subit" Secret Sunshine.
Shin-ae a tout faux, sur toute la ligne, et ce depuis le début. Vouloir revenir dans le pays matriciel de son défunt mari va entraîner un enchaînement de "déboires" (le mot paraît bien faible) qui vont la mener jusqu'à la folie.
Non seulement sa voiture tombe en panne, mais en plus à cause d'un mensonge qui laisse croire à une potentielle richesse (le fait qu'elle souhaiterait acheter un terrain) son fils est enlevé par un malfrat. L'enfant est retrouvé mort.
Le film est bouleversant. Porté par Jeon Do-Yeon (justement prix d'interprétation à Cannes cette année), il n'en finit pas de nous surprendre. Si la fin semble évidente, le chemin pour parvenir à la folie de cette femme déjà touchée par le deuil est, lui, totalement imprévisible.
Au lieu de se laisser emporter dans de noires pensées, Shin-ae embarque dans un christianisme forcené, accompagnée par sa voisine pharmacienne (terrifiante et attachante évangéliste) ainsi que par Jong-Chan, un mécanicien amoureux d'elle depuis le début du film. En travaillant sa foi, elle parvient à trouver un équilibre qui semble fantastique, propre à la fragilité de ces gens qui ont tout perdu. Puis elle perd cet équilibre même.
Non content de l'avoir dépouillé de tout ce qui pouvait donner un but à sa vie (son mari, son fils), le réalisateur-scénariste (ici bien évidemment assimilé à Dieu) s'acharne en lui retirant la possibilité de croire.
Le renversement est cruel et beau, comme dans toute tragédie : la foi la quitte quand elle veut appliquer l'un des "principes" de Jésus : pardonner à celui qui a fait du mal. Non que la volonté lui ait manqué, bien au contraire.
Mais pourquoi (et comment) Shin-ae devrait pardonner à quelqu'un au nom d'un dieu qui l'a déjà fait avant ?
La femme perdue qu'elle est devient la figure d'une tragédie moderne.
Il n'est pas d'ironie plus grande que celle de lui faire manger une pomme avant de tenter de se suicider.
Le symbole même de la Faute de la première des femmes, selon les religions monothéistes, vient se greffer à un problème contemporain, dans un pays à tradition originellement différente.
La boucle de la mondialisation aurait été bouclée si on avait décerné à ce film le prix qu'il méritait.
*lui aussi !
22 octobre 2007
18 octobre 2007
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