27 avril 2009

Des films et des symboles

Parfois, on peut se demander si les communicants réfléchissent ou, tout au moins, ont de la culture.
Un exemple m'a sauté aux yeux récemment en me promenant dans les rues de Madrid. La ville est en plein marasme depuis le début de la Crise (avec un grand "C", bien entendu) dans un pays qui connaitra cette année 20% de chômeurs dans sa population active ; dans un pays où le racisme, jamais vraiment caché, s'affiche désormais à chaque coin de rue aidé par un Frente Nacional (jusqu'ici très faible politiquement) particulièrement virulent ; dans un pays qui vit du tourisme (en chute libre) et de l'immobilier (et de sa bulle qui a explosé) ; bref, dans un pays qui présente sa capitale comme candidate outsider pour l'organisation des Jeux Olympiques 2016.
Madrid y croit vraiment et décide de créer un logo à évocation anti-raciste (on pense à SOS Racisme et à ses variantes à l'étranger): une main qui stoppe la haine et salue amicalement. Les couleurs olympiques se mélangent, délimitées par des courbes (lignes de vie, de destin, de cœur...) formant dans la paume un M madrilène.Jolie idée en somme... si elle n'avait de résonance extrêmement évocatrice chez un cinéphile à outrance comme moi. Comment, en effet, ne pas penser à l'affiche du film M le Maudit (1931) de Fritz Lang, dans lequel un pédophile meurtrier est recherché par toute une ville et est reconnu, marqué à la craie d'un M sur l'épaule (qu'un mendiant lui appliquera en apposant sa main sur son manteau) ?
Question de graphisme, la main choisie est la gauche qui est celle (on vient de me le signaler) soupçonnée du pêché originel ("la main sinistre") par certains (quand, pour d'autres comme le personnage de Jouvet dans Quai des Orfèvres "c'est celle du cœur" !). Mais la lecture occidentale se faisant de gauche à droite, il était plus pratique, je pense, pour une question de dynamique de l'œil de choisir cette même main, alors que le mendiant dans le film écrit le M accusateur sur sa main droite !
On en oublierait presque cette autre affiche plus "expressionniste", clairement moins efficace et moins appropriée à l'esthétique du film, et qui change le sens de lecture :
Oui, je suis la nouvelle plaie des communicants, car je vois de mauvais symboles n'importe où. Mais, ça ne vous semble pas évident maintenant ?

Trigésima quinta semana

Lección 236 : tengo algunos amigos navegantes ; son navegantes
Lección 237 : resumen de 3 años blogeando
Lección 238 : una melodía que hacia como eso
Lección 239 : un corazón en invierno
Lección 240 : encubridora
Lección 241 : que triste… ¿de qué país se trata? ¿Del mío? ¡No! Del mío no se puede
Lección 242 : pero, ¿qué ha ocurrido entre septiembre y mayo?

23 avril 2009

J'ai menti.

J'attends ce Festival de Cannes comme un fou.

Lars, Michael, Quentin... et les autres.

{Versión española}

Les étreintes brisées du Festival de Cannes

Peu de surprises, comme finalement chaque année, dans la sélection cannoise 2009.
Comme l'ont très vite noté les commentateurs de cinéma, quasiment tous les réalisateurs ont déjà été en lice pour la Palme d'Or les années passées (sauf l'hispanique Isabel Coixet), et plusieurs l'ont déjà eue (Jane Campion, Ken Loach, Quentin Tarantino, Lars Von Trier). Et beaucoup de ceux qui ne l'ont pas eue ont obtenu d'autres prestigieux prix à Cannes ou ailleurs : Pedro Almodovar et ses actrices de Volver et son Prix de la mise en scène pour Tout sur ma mère, Andrea Arnold et sa Caméra d'Or pour Red Road, Xavier Giannoli et sa Palme d'or du court métrage pour l'excellent L'Interview, Michael Haneke et ses nombreux prix œucuménique, Prix de la mise en scène (Caché), Prix du Jury et double prix d'interprétation (la Pianiste) tout comme le double prix d'interprétation remis aux acteurs du Saut dans le vide de Marco Bellochio, Park Chan-Wook et son Old Boy (Prix du Jury qui inclinait sévèrement vers la Palme d'Or tarantinesque) Alain Resnais qui revient à Cannes presque 30 ans après y avoir présenté Mon oncle d'Amérique (Prix du Jury et de la Critique) et détenteur d'un Lion d'Or tout comme le double primé sur la Lagune Ang Lee (Brokeback Mountain et Lust, Caution).
Et ceux qui n'ont rien gagné, ont déjà marqué les esprits : Elia Suleiman et son Intervention divine, Gaspard Noé, responsable d'une des polémiques dont seul Cannes a le secret avec Irréversible, Jacques Audiard avec De battre mon cœur s'est arrêté et sa carrière mondiale, Isabel Coixet l'une des rares auteurs de films espagnols qui s'exportent, Johnny To qui n'a pas vraiment besoin de Cannes pour s'offrir un des publics les plus fidèles à son auteur préféré ou Lou Ye qui souffrait d'une interdiction de tourner par le gouvernement chinois après Palais d'été et qui revient avec un film qui risque de lui revaloir une sanction.

Thirst, de Park Chan-Wook
Donc, devraient-on se réjouir ? J'en doute.
Une nouvelle fois, le Festival a voulu s'autocongratuler d'avoir créé de grands réalisateurs (car quel festival peut aligner une telle liste ?) en les présentant avec succès ou non dans sa sélection officielle il y a longtemps (Resnais, Loach) ou pas (Arnold, Giannoli, le philippin Mendoza).
Aucun premier film dans cette liste, c'est un signal d'une pauvreté extrême. Et même si l'on sait que Gilles Jacob rajoute chaque année, la dernière semaine, un film surprise, difficile de voir dans cette annonce autre chose qu'un renoncement. On peut voir ici une officialisation de la relégation de la découverte de nouveaux cinéastes vers les sections parallèles, devenues toutes aussi, sinon plus, intéressantes.

Un crû 2009 qui donne la part belle au cinéma Européen (de l'Ouest ! où sont les Roumains ? et les autres cinématographies "de l'Est" ? Comme si la Palme à 4,3,2 suffisait pour la décennie) avec 11 films sur 20 (!) dont 4 français (!!).
L'Asie est, comme assez souvent, très bien représentée mais quid de l'Amérique du Sud ? N'y a-t-il plus de cinéma là bas ? Quant à l'Afrique...

Los Abrazos rotos, de Pedro Almodovar
Et puis il y a le scandale Almodovar. Son insipide dernier opus, seulement sorti dans son pays d'origine (selon les règles du Festival) créé un pré-scandale à mes yeux. N'y avait-il pas mieux que cette pâle copie de ses grands films ?

Je ne vous parlerai même pas de la joie de voir Haneke revenir en compet' après Caché, l'année où je fais mon mémoire sur lui, gâchée par l'autre bonne nouvelle qu'est Isabelle Huppert en Présidente du Jury.
Pourra-t-elle, osera-t-elle devrais-je dire, donner un prix important à celui qui lui a offert son deuxième Prix d'interprétation ?
Quel dommage quand le Ruban Blanc s'annonce comme l'aboutissement logique d'une filmographie axée entièrement sur la violence dans la société occidentale (celui-ci parlerait de la génération allemande des années 10 qui va "devenir" nazie dans les années 30).

Le Ruban blanc, de Michael Haneke
M'enfin, je me connais, le soir de l'annonce du Palmarès, je rechargerai compulsivement la page internet du Festival, avec le battement de cœur habituel...

22 avril 2009

Résurgence

Ce matin-là, Boulou se leva et alla dans la salle de bain.
Tout en se brossant les dents, il se regardait dans la grande glace en face de lui.
Un mot des anciens temps lui vint à l'esprit, à l'instant : "BOULARD". Cette grosse bille qui en valait dix autres.
Il regretta alors qu'il exista les associations d'idées.

20 avril 2009

3 ans

Ce mois-ci, mon blog fête ses trois ans. En avril 2006 j'étais en seconde année de mon école de cinéma à Paris. Je me voulais analyste de film plus que critique et de cela à découlé plusieurs mois de pages bavardes et verbeuses.
Il faut attendre le 28 janvier 2007 pour découvrir les premières photos faites avec un appareil tout juste acheté.
Pleines de défauts, elles font aussi parties de mes préférées ; aussi je les remets ici pour ponctuer ce mot.
La logorrhée verbale n'a pour autant pas été abandonnée car, écrivant pour un puis plusieurs sites culturels (Axélibre étant le principal) je me suis cru plus précis dans le trop-plein de mots.
Puis sont venues s'ajouter des humeurs, plus courtes, en lien direct avec l'actualité (avec celle du 19 avril 2007, assez laidement intitulée "Un VRAI cinéphile ne vote pas Sarko") et enfin de la diversification avec le 26 avril la première vidéo postée (mon court métrage "Je ne suis pas libre si tu ne l'es pas").

Puis une présidentielle douloureuse est passée (ici et ).

Directement suivie par une édition cannoise assez fantastique (Zodiac, Le scaphandre et le papillon, Les chansons d'amour, We own the night, Deathproof, Secret sunshine, Alexandra, De l'autre côté...) assez commentée dans ce même blog, dans des termes qui me paraissent plus intéressants que ce que j'avais écrit jusqu'ici.
Mes photos elles aussi se sont diversifiées, sinon affinées.

A l'été 2007, les mots ont été abandonnés au profit de l'image (photos et films), au sortir de mon école dont j'ai "portraitisé" (ici, ici et ici) les gens formidables croisés.
Et puis il y a eu la famille, foyer inépuisable de mimiques adorées.

Evènements familiaux, locaux ou nationaux (Coupe du monde de rugby ici et ici, Nuit Blanche parisienne, Festival Paris Cinéma ici, ici et ici...), tentative depuis avortée de créer un forum de cinéma constructif, essai plutôt réussi de parler de cinéma autrement (7 images pour tuer Vicky, Mentir), envie de poésie non maîtrisée (Absurdité ambulante, Test).
Puis l'achat d'un zoom qui change mon regard :Puis un court métrage qui ne devra pas marcher, pour mieux me faire douter, malgré le bon temps passé à le préparer :
Le 7 mai 2008, j'ai la bonne idée de donner mon avis sur le clip de Justice - Stress qui fait exploser mon nombre habituel de lecteurs : l'an dernier, 6500 pages vues ; en augmentation lente mais constante. Je me doute que ça ne dois pas être énorme, mais ça me suffit.
Mon site est maintenant très bien placé sur Google bien qu'on vienne me visiter pour des mots aussi étranges que "Comment tuer quelqu'un ?" ou "Comment faire pipi ?"... C'est néanmoins un début !

Le temps passant vite, on est déjà à l'été 2008 et je m'apprête à prendre une des meilleures décisions de ma vie : m'éloigner un peu, pour mieux revenir bientôt. Mais entre temps, je rédige des historiettes dont Boulou est le héros le plus fameux (Buscando un piso, Jeudi noir, Ounepoco Regoular).

Le 30 août 2008, idée idiote mais que je suivrai jusqu'au bout : résumer chacun de mes jours en Espagne par quelques mots, pour me souvenir du temps passer ici.
Des visages à ne pas oublier aussi, aidé par deux appareils photos (mange du poisson, avec ta mémoire estropiée ; oui je sais).
Et il y a eu, tout récemment un petit déclic ayant pour forme un film de quatre minutes : après l'échec cuisant de "Tôt ou tard" je suis passé à "Una pelí romántica".

J'ai quelques lecteurs assidus : assez peu néanmoins le disent, et encore moins nombreux sont ceux qui se signalent sur le site en laissant un commentaire.
La "communauté" créée au moyen de liens vers d'autres blogs, myspace ou sites personnels étendent relativement l'exposition du mien sur la toile ; bien que je me refuse à le promouvoir à outrance.

Aucune idée de combien de temps je vais continuer à le tenir, surtout que je rêve depuis quelques temps à un site indépendant de Blogger. Pour cela, il faudrait que je comble mes lacunes en informatique... J'en conclue qu'il peut encore tenir quelques années !

19 avril 2009

Trigésima cuarta semana

Lección 229 : vuelta a Madrid
Lección 230 : Junior suite
Lección 231 : éxito de una pelí romántica
Lección 232 : los mejores años de nuestra vida
Lección 233 : lo malo y lo bello
Lección 234 : Minolta mi amor
Lección 235 : Marius, Titus, Ludivine
C'est avec plaisir que je découvre le mouvement des étudiants de la Fémis (dont un ami de mon ancienne école).
Refusant de voir l'institution se reposer sur des lauriers de plus en plus pâles et fanés, ils ont décidé de proposer des "états généreux" pour réformer en profondeur l'école qui peut encore être un magnifique vivier de cinéastes et créateurs de Cinéma.

Pour cela, on est loin des textes vides de sens et de réflexions que l'on ne connaît que trop souvent dans ce genre de mouvements. Ils réfléchissent au contraire à leur place dans un art qui est aussi une industrie et reprochent à l'actuelle organisation une capacité néfaste à tuer toute créativité et échange en compartimentant à outrance. Que se soit de manière horizontale (chaque cursus étanche aux autres : réalisation, scénario...) ou verticale (système de promotions).

De loin, ce qui me parait d'autant plus appréciable, c'est la très grande cohérence des arguments avancés et des propositions faites pour remédier aux lacunes de l'enseignement ; et, c'est le plus important, à leur application sans doute possible car réaliste.

Plusieurs textes remarquables d'ambition de la part des élèves, ou bien de "professionnels" du cinéma sont lisibles sur le site des états généreux : http://etatsgenereux.canalblog.com/

Une pétition circule aussi, à signer en connaissant les enjeux plus que jamais importants :
http://jesigne.fr/soutienetatsgenereuxfemis