Je vais bien ne t'en fais pas fait partie de ces films qui ne me sortent pas de la tête (May, Donnie Darko, Joshua, Amélie Poulain) et après l'avoir revu une nouvelle fois, je ne comprends toujours pas pourquoi.
Car, comme les films précités, il est loin d'être parfait. Et pourtant...
Deux plans me son apparus bouleversant à cette nouvelle vision. Deux plans qui voient leur sens premier s'élever totalement et connaissent à leur micro-échelle ce que tous ces films ont en commun : une essence nouvelle offerte par une générosité du réalisateur ; par le travail de montage ; un de ces miracles du cinéma, en somme.
Le premier lorsque Lili (Mélanie Laurent) se retrouve attachée à son lit d'hôpital, mesure extrême afin de l'empêcher d'arracher ses perfusions.
Un plan terrible, car sensible (et rare), donne à la jeune fille (peut-on encore parler de jeunesse pour un corps pareil ?) qui partage sa chambre une importance exceptionnelle.
Montrer l'anorexie telle qu'elle est (car "l'actrice" est visiblement malade), et pas seulement sa représentation - maigreur des bras, yeux vitreux, mouvement imperceptible - confère, l'espace d'un instant, à cette "figuration" la puissance d'un premier rôle.
Le deuxième, je le qualifierai de lapsus visuel. L'aveu de la mère qui, dans un mouvement d'œil pris en gros plan, semble vouloir tout révéler de la Machine Infernale et à Lili, et au spectateur. Comme si son personnage se débattait en permanence non seulement avec la situation désespérée dans laquelle il se trouve, mais aussi avec le réalisateur, l'actrice elle-même (épatante Isabelle Renauld), et surtout le monteur qui décide de n'en montrer que les spasmes et réflexes.
Woody Allen et sa Rose Pourpre n'est plus très loin...
3 commentaires:
Bon, moi je n'ai pas l'approche d'un cinéaste pour approuver ou non tes assertions. Ce que je sais c'est que j'ai vu ce film plusieurs fois et qu'il m'a vraiment émue à chaque fois.
Pour ma part je trouve que le scénario est bien construit, les acteurs excellents de retenue et sobriété, la tension intense jusqu'au dénouement auquel on ne s'attend pas et évidemment la musique géniale qui transcende le tout
Oui, dit comme ça, ça fait logique !
Ce que je voulais dire ici (et ça fait deux fois que j'essaie de le dire sans y arriver >>> cf la critique au moment de la sortie) c'est que ce film a quelque chose en plus qui dépasse la simple somme de ce que tu as énoncé : un bon scénario, de bons acteurs, une bonne musique etc...
Il s'est passé quelque chose que je ne saisis pas, comme pour les autres films cités.
c'est ça l'alchimie entre une bonne histoire et un bon réalisateur
Enregistrer un commentaire