Hier, j’ai revu Titanic. Je sais, c’est malsain. On se jure qu’on ne le refera pas, que c’est la facilité.
J’ai même préparé du pop-corn au sucre roux caramélisé, que nous avons, mes colocataires et moi, mangé à pleines mains.
Je m’en voudrais presque si ça n’avait pas été aussi bon.
Oui c’est une grosse machine bien huilée, qui a coûté un pognon monstre mais n’a pas été la catastrophe qu’il représente à l’écran, bien au contraire.
Mais que voulez-vous, c’est d’une quasi perfection que le temps et le mal qu’il fait aux films à effets n’ont pas émoussé.
Et même s’il y a effectivement de grosses ficelles scénaristiques, elles sont largement rattrapées par des moments de grâce, qui semblent échapper au reste de la narration, tout en en renforçant son efficacité implacable.
J’ai, depuis ma première vision du film, toujours été fasciné par ces quelques secondes à la fin du film, lors du naufrage, où nos deux héros s’accrochent au bastingage. Rose, lors d’un court moment de répit, balaye de son regard l’espace à la fois immense et intime où elle se trouve. Elle est dans les bras de Jack[1], l’amant idéal, mais le cadrage occulte complètement ce dernier. Sous ses pieds, des mètres pour une chute libre, et en dessous l’Enfer.
Elle voit, entre horreur et anesthésie, les derniers moments de vies inconnues et, en trois plans, semble considérer sa propre existence à la mesure de ceux qui l’entourent à cet instant. Elle vient de vivre des moments inégalables dans l’existence humaine, un amour fulgurant et la proximité de la mort, mais la femme à ses côtés semble lui hurler son droit à l’image, à la vie donc.
Elles se toisent, et il n’y a pas de réconfort dans leurs regards. Peut-être sont-elles même en concurrence, mais à cet instant précis elles sont égales : la riche et la prolo, la rousse et la blonde, la star et la figurante.
Passe aussi cette idée qu’elles « auraient pu se connaître », s’il n’y avait eu...
[1] D’ailleurs, j’en viens à penser que le « This is where we first met » est peut-être l’une des plus belles réplique du cinéma. Elle résume toute l’essence du genre mélodramatique (dont le genre « catastrophe » n’est finalement qu’une excroissance) où le lieu est disproportionnellement développé dans l’histoire, dans un mélange de nostalgie et de morbidité.



2 commentaires:
Et toujours rien sur Cannes ???!!!???
Y a pas grand chose à dire sans avoir vu une majorité des films présentés cette année !
A la rentrée de Septembre j'aurai sans doute plus de recul.
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