
Neil Marshall a perdu tout le prestige qu’il avait à mes yeux. Lui qui m’a offert l’une mes meilleures expériences intra-cinéma avec The Descent (claustrophobie dirigée à l’encontre du spectateur, cloué à son siège) vient aussi de m’asséner avec violence l’une des pires. Doomsday est un calvaire de la première à la dernière scène, son réalisateur s’attachant sans répit à détruire le moindre intérêt lié à SON scénario.
Car il en faut du courage aux producteurs de financer un tel fiasco. Pas une réplique du film qui puisse se targuer de ne pas être vulgaire, sonnant faux ou tout simplement ridicule.
Pas un plan qui ne soit la pâle copie d’un des chefs-d’œuvres des genres (ou sous-genres : films de zombie, films apocalyptiques, survival…) obscènement cités ici : du Romero bien sûr (surtout Land of the Dead), mais aussi du Cuaron (décidément, son Children of men aura marqué de nombreux réalisateurs) du Boyle (28 jours plus tard, et même sa suite, 28 semaines plus tard de Fresnadillo), du Walter Hill (Guerriers de la Nuit !) ou du Carpenter (New York 1997). Pourtant les Britanniques s’y connaissent en films d’anticipation et en virus, leur situation insulaire en faisant un laboratoire à ciel ouvert.
Mais chaque parti pris (car il y en a, il faut l’avouer) tombe à plat, tellement il manque à Marshall la moindre idée de mise en scène pour le rendre crédible (et à ce titre, le retour au Moyen-Âge est tout simplement hilarant). Et il se permet de débaucher Bob Hoskins et Malcolm McDowell (et le jeune Martin Compston, la révélation loachienne de Sweet Sixteen) pour des rôles aussi insignifiants et presque insultants !
Neil, j’ai tout simplement adoré The Descent. Mais comment as-tu pu croire qu’avec des signaux aussi énormes (la magnifique tentative suicidaire de rendre le film politique, donnant le nom de (t)Hatcher au Premier Ministre britannique) et un mauvais goût aussi prononcé (le gore n’est pas une fin en soi, si ce n’est chez ces enfoirés de Deodato et consorts, aussi fins que Bigard) on pourrait te suivre jusqu’à l’Enfer où tu t’es toi-même jeté ?
Pour toi, Doomsday, tu peux le dire (et dans 20 ans, la Nuit excentrique). Pour nous, le Purgatoire (si on nous pardonne).
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire