02 juin 2008

Ce que l'on montre {ou pas}

Le cinéma est un art cruel. S’il a su par la photogénie chère à Epstein révéler la beauté des plus doux visages, par des éclairages triangulaires millimétrés, lissant les peaux, dessinant des ombres gracieuses, longs cils et fines silhouettes aux nouvelles icônes, il a pu atteindre une cruauté inédite en refusant la monstration.

Exemple frappant que le sort réservé à la mythique Mrs. Robinson, détournant le jeune Benjamin de son parcours prévisible. Ce dernier lui reproche l’aspect seulement charnel de leur relation et engage une conversation qui se révèle très difficile pour la femme adultère.
L’étudiant, dans un accès de colère arrache le drap qui recouvre le corps encore attirant de celle qui n’aura jamais de prénom.

Et Mike Nichols de lui refuser à présent l’érotisme qu’elle inspirait auparavant.
Non seulement Mrs. est durement cadrée aux épaules, mais elle devra effectuer un lent et long geste pour rabattre la couverture sur ce qui ne sera plus jamais désiré.
Ceci, la caméra l’a suivi patiemment.

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