05 décembre 2009

2009 - Première partie

Cette année a ceci de particulier que j’ai été pendant sa première moitié à Madrid et ai eu une « consommation » de culture (quelle vilaine formule !) extrêmement différente des années précédentes.

Jusqu’ici j’allais voir de tout, tout le temps, partout dans Paris. En Espagne, l’offre culturelle s’est bien réduite quant au cinéma, quand Erasme m’a poussé souvent - mais j’étais pour cela entouré de gens que cela intéressait – vers d’autres muses.


Des musées tout d’abord : la Reina Sofia surtout, y suivant une amie fondue d’art contemporain, mais aussi le Thyssen (avec ma mère qui, devant un tableau du jeune Picasso représentant des masques, déclare gracieusement – espagnolicisme – « Celui-là, je le verrais bien chez nous »), ou le Prado, rapidement.

Puis d’autres institutions culturelles dépendant de grands groupes espagnols tels que le Caixa Forum (qui vaut autant pour son architecture et son escalier que pour ce qu’il présente dans ses murs –, Chaplin, Mucha) près de la gare d’Atocha ; la Casa Encendida (financée par la banque Caja Madrid – Antonin Artaud, New York en photographie...) à Embajadores ; la salle d’expositions du bâtiment Telefonica (Gerhard Richter, Oscar Niemeyer) sur Gran Via.

Et enfin les galeries de Chueca ou Malasaña.


Puis les salles de concert. A Paris, pendant des années, je ne suis allé qu’à quelques concerts pour y voir des artistes que j’affectionnais particulièrement (Salif Keita, Air...), mais très ponctuellement. Madrid et quelques personnes rencontrées là-bas ont particulièrement changé la donne. J’ai bien entendu vu plusieurs concerts de groupes que je connaissais bien : Au revoir Simone, The dø...

Mais aussi des groupes que je ne connaissais pas et que je suis allé voir toucher – espagnolicisme otra vez – pour suivre mes mexicains, mes allemands, mes amis en général quoi, sans trop savoir dans quoi je m’embarquais. Quelques moments mémorables, dont une quasi performance de japonais autistes à la Casa Encendida, qui ont littéralement torturé les gens présents pour deux euros, ou d’autres moments plus cool tel Felix Da Housecat à la Sala Low, dans un noir quasi total (éclairage défaillant oblige).


En lecture, j’ai malheureusement très peu lu en espagnol (si ce n’est un peu de poésie, conseillé par une autre amie ; un peu de théâtre, par les cours que je suivais alors ; et les paroles des chanteurs hispaniques que j'apprécie - le disque la Mandragora conseillé par ma sœur et mon beau-frère, Silvio Rodriguez, Melendi...), un peu en anglais, et beaucoup en français (notamment du Hugo, du Genet, du Céline).


Par provocation sans doute je signale aussi mon ultime sortie « culturelle » : les corridas à la grande arène de Ventas, à côté desquelles je vivais, et où je suis allé la dernière semaine pour me faire une idée. Mon idée est faite...

Je regrette une seule chose : ne pas avoir été voir un match du Real Madrid au stade Santiago Barnabeu, culture madrilène à part... Mais les places sont chères, et ça représente beaucoup de Mahou.


J’ai finalement trouvé pendant un an ce que je cherchais en partant : un répit dans ma boulimie de cinéma ainsi qu’une ouverture vers d’autres domaines que je dominais moins.

J’ai néanmoins découvert quelques films en Espagne, assez peu, mais marquants. Camino de Javier Fesser, à la fin de l’année 2008, que je plaçais alors dans les meilleurs films de l’année. Sa sortie se fait d’ailleurs attendre en France...

Mais surtout, dans les films dits « de patrimoine », El verdugo (Le bourreau), 1963, de Berlanga ou Viridiana, 1961, de Buñuel.

Disons que les pratiques en matière de cinéma en Espagne m’ont malgré tout paru « cinécides » : les cinémas n’ouvrent qu’à 16h, il faut batailler pour en trouver en VO, tous puent le pop-corn, les places sont numérotées (ce qui a autant d’avantages que de défauts), et seule la Filmoteca passe des films de patrimoine...

Par contre, avec cette dernière on est loin de la froideur institutionnalisée de notre nouvelle Cinémathèque Française de la rue de Bercy, dramatiquement impersonnelle. Ici on peut prendre un verre de San Miguel (si je ne me trompe, la Filmoteca n’est pas à la Mahou) à moins de deux euros, avec des olives en prime, en attendant d’entrer dans la belle et grande salle du Cine Doré.

A signaler quelques beaux moments dans cette institution : l’émotion partagée lors de la projection d’Un cœur en hiver de Sautet, les frissons éprouvés lors de la vision de Titicut follies que Fred Wiseman (dont je parlerai plus loin) est venu présenter lors d’un cycle qui lui était dédié, et le beau moment passé devant La chute de la Maison Usher avec la performance épatante d’une jeune femme chantant en accompagnement des extraits des nouvelles de Poe adaptées par Epstein (La chute de la Maison Usher et le Portrait ovale, ainsi que des extraits si je me souviens bien de correspondances et de son journal).


A suivre avant la fin de l’année un résumé de ces derniers mois (depuis mon retour en France) et une analyse de mes goûts cinématographiques pour l’année écoulée, et de cette fin d’année particulièrement enthousiasmante !

Aucun commentaire: