Couleurs acidulées, sang cuivré, salive sucrée ; ce film est tout sauf « amer ».
Tout ce qui est créé ici est précis, détaillé, palpable.
Un loubard de taxi accélère, un courant d’air passe, soulève une jupe, fait frissonner la passagère, durcir ses mamelons. Elle lâche un gémissement de plaisir. Les coutures de la robe ont craqué sous sa respiration terrifiée.
Tout est érotisé : les tissus s’envolent et dévoilent des sous-vêtements. On observe derrière des lunettes teintées, des gants de cuir crissent, une sueur coule. Les ronces arrachent les vêtements et ouvrent des plaies ; on s’y introduit.
On se coupe, on déchire, on plante, on imagine.
On invoque une esthétique passée : des dents du bonheur derrière des lèvres pulpeuses ; des moustaches qui râpent et des poils sombres ; des tueurs masqués de gialli.
Un fétichisme oublié refait surface : on arrache un doigt pour une montre en argent, on joue des notes sur un peigne rouge.
Et puis des déviances qui font se vider les salles : voyeurisme, jeux sadiques, baignoire d’urine ou de mouille et cadavre qui frémit pendant sa toilette finale.
Le fascinant film de Hélène Cattet et Bruno Forzani est sorti dans 3 salles, France.

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