19 octobre 2008

Octava semana

Lección 50 : constipado
Lección 51 : una carta olvidada
Lección 52 : Barbarina y sus lagrimas
Lección 53 : Sra de Merteuil : Vale. Guerra.
Lección 54 : hacia rutas salvajes
Lección 55 : coger el toro por los cuernos
Lección 56 : Granada

11 octobre 2008

Séptima semana

Lección 43 : tener cuidado con Facebook
Lección 44 : primer curso
Lección 45 : tener retraso (otra vez)
Lección 46 : no estar orgulloso de si mismo
Lección 47 : optativas optativas
Lección 48 : españoles asumen su cine
Lección 49 : quemar después de beber

04 octobre 2008

Sexta semana

Lección 36 : no hay Lección 36
Lección 37 : ultimas horas de suspense
Lección 38 : no mas cursos intensivos
Lección 39 : ver Vicky Christina Barcelona en Madrid
Lección 40 : Pierre Japón Madrid
Lección 41 : Valmont, mi héroe
Lección 42 : ir a la fiesta de no sé quien, no sé donde pero de puta madre

Vicky Cristina Barcelona


Quelle force ! Quel panache ! Quel brio ! Une fois de plus, Woody Allen frappe et frappe fort dans son opus pair de l’année. Sa dernière réussite, Match Point (en 2005), marquait un retour fracassant du maître après quelques mollesses ; Scoop, l’impair de 2006 n’en était qu’une plus grande désillusion qu’il infirmait la théorie disant que Scarlett Johansson avait redonné un nouvel élan à une filmographie de moins en moins pertinente.
Car, c’est bien connu à présent, si Allen a toujours su trouver des acteurs s’intégrant parfaitement à son univers d’inadaptés sentimentaux (Michael Caine, Sean Penn, Jonathan Rhys Meyer, Allen lui-même), il doit ses meilleurs films aux compositions de ses actrices, des femmes de sa vie. Mia Farrow, Diane Keaton, Dianne Wiest, et aujourd’hui celle qui avait explosé avec Lost in translation ont construit autant que lui sa carrière, et ses plus grands films (Manhattan, Hannah et ses sœurs, La rose pourpre du Caire, Match Point).
Match Point avait aussi cette particularité d’un renouveau assez inattendu chez le réalisateur new-yorkais : celle de s’éloigner (enfin ?) de la Grande Pomme, pour batifoler dans une Angleterre figée. Scoop ne faisait que prolonger l’idée, quand aujourd’hui s’épanouit sur les écrans la finalité d’une telle démarche.
Vicky Cristina Barcelona. L’Américain découvre l’Europe continentale en même temps que ses deux héroïnes et la filme avec l’émerveillement d’une personne qui comprendrait qu’elle ne sait rien. Tout à reconstruire, tout à réinventer. C’est le sujet même du film : que faire quand on a l’intuition que ce qu’on aime le plus n’est pas ce qu’il nous faut ? Qu’on s’est peut-être trompé, pour de bonnes raisons, mais qu’il est encore temps de revenir sur ses pas.
A Barcelone, tous les personnages sont adorables. Les deux amies sont guapissimas, pleines d’esprit ; et leur entourage (mari, amis, connaissances) tout autant. L’amant commun a toutes les qualités. Et les défauts qui vont avec dont une ex-femme, intellectuelle et bombe sexuelle autodestructrice. Impossible de détester les lâchetés de chacun, leurs contradictions ou leurs libertinages respectifs.
Tout cela parce que Allen écrit bien (pléonasme), filme joliment (les scènes d’amour tunées selon les personnages mis en scène), et dirige merveilleusement. Le casting est d’une pertinence totale, presque déstabilisante tant la bataille pour la place centrale aurait pu être nuisible au résultat final. Tant de talents, des blondes Johansson (Cristina) et Clarkson (Judy), au couple propret de Vicky (fantastique Rebecca Hall) et Doug (Chris Messena), en passant par les hispaniques Bardem (Juan Antonio) et Cruz (Maria Elena), pour une telle énergie rendent le tout bouleversant (car émouvant), épatant (car efficace), ravissant (car réussi).

27 septembre 2008

Quinta semana

Lección 29 : Cuitasse, les patatas
Lección 30 : tener miedo de una botella de Mahou
Lección 31 : cielo oscuro, casi negro
Lección 32 : soñar de Cadaquès, y de alquiler un coche
Lección 33 : ¡ Vete a tomar por culo !
Lección 34 : Erasmusmus en perdición
Lección 35 : ojala fuese menos flaco

20 septembre 2008

Cuarta Semana

Lección 22 : Mahou, te quiero
Lección 23 : oír Sarko-gilipollas hablar al Papa de gilipolleces
Lección 24 : beber cañas en la Filmoteca
Lección 25 : tener tres fiestas en la misma noche
Lección 26 : hablar de la calidad de los porros españoles, con la profesora
Lección 27 : st nxe, crvz n l bar tps Tigr kye nfants
Lección 28 : un mes, ya

14 septembre 2008

Visages du quotidien



Tercera semana

Lección 15 : quemarse de nuevo, es tonto
Lección 16 : la calle Alcalá es muy larga
Lección 17 : primeras lluvias sobre Madrid
Lección 18 : ser y estar
Lección 19 : cocinar crêpes en verano, en Madrid, es una tentativa de suicidio
Lección 20 : ¿ es Andalucía España también ?
Lección 21 : Noche en Blanco en un bar parisino

06 septembre 2008

Segunda semana

Lección 8 : dormir todo el día, después de esta noche
Lección 9 : entender que no hay que salir hasta las cuatro (por su salud y su color)
Lección 10 : quemarse
Lección 11 : cantar en ingles, en Madrid, canciones suecias
Lección 12 : evitar a los otros franceses o belgas en la Facultad
Lección 13 : descubrir que en Madrid también, hay nubes
Lección 14 : saber que no tendré bastante tiempo

30 août 2008

Primera semana

Lección 1 : el piso es fenomenal
Lección 2 : comprar desodorante
Lección 3 : contener su hambre
Lección 4 : sacar dinero antes de las Dos
Lección 5 : esperar al Sábado para vivir normalmente
Lección 6 : por fin, poder sacar dinero y gastarlo
Lección 7 : atacarse a la tele española

27 août 2008

Je vais bien ne t'en fais pas fait partie de ces films qui ne me sortent pas de la tête (May, Donnie Darko, Joshua, Amélie Poulain) et après l'avoir revu une nouvelle fois, je ne comprends toujours pas pourquoi.
Car, comme les films précités, il est loin d'être parfait. Et pourtant...

Deux plans me son apparus bouleversant à cette nouvelle vision. Deux plans qui voient leur sens premier s'élever totalement et connaissent à leur micro-échelle ce que tous ces films ont en commun : une essence nouvelle offerte par une générosité du réalisateur ; par le travail de montage ; un de ces miracles du cinéma, en somme.

Le premier lorsque Lili (Mélanie Laurent) se retrouve attachée à son lit d'hôpital, mesure extrême afin de l'empêcher d'arracher ses perfusions.
Un plan terrible, car sensible (et rare), donne à la jeune fille (peut-on encore parler de jeunesse pour un corps pareil ?) qui partage sa chambre une importance exceptionnelle.
Montrer l'anorexie telle qu'elle est (car "l'actrice" est visiblement malade), et pas seulement sa représentation - maigreur des bras, yeux vitreux, mouvement imperceptible - confère, l'espace d'un instant, à cette "figuration" la puissance d'un premier rôle.

Le deuxième, je le qualifierai de lapsus visuel. L'aveu de la mère qui, dans un mouvement d'œil pris en gros plan, semble vouloir tout révéler de la Machine Infernale et à Lili, et au spectateur. Comme si son personnage se débattait en permanence non seulement avec la situation désespérée dans laquelle il se trouve, mais aussi avec le réalisateur, l'actrice elle-même (épatante Isabelle Renauld), et surtout le monteur qui décide de n'en montrer que les spasmes et réflexes.
Woody Allen et sa Rose Pourpre n'est plus très loin...

26 juillet 2008

Jeudi noir

La jeune serveuse portait sur sa poitrine un tee-shirt sombre barré d'un "Jeudi Noir", comme tracé à la craie sur un tableau de classe. Elle, ainsi que ses collègues, se faufilaient entre les tables et les chaises dépareillées.
Dans le bar résonnait un disque de Bossa Nova ; les gens balançaient imperceptiblement leur tête en rythme et les cocktails sucrés, bleus, rouges ou verts s'aspiraient à toute vitesse. Des tableaux incertains avaient été accrochés aux murs et, malgré un amateurisme évident, atténuaient les lieux de leur prétention des quartiers Est.
L'Happy Hour battait son plein mais les gens étaient juste faits. Les sourires cachaient mal l'impatience d'être déjà quelques heures après, quelque part ailleurs, sans les attitudes.
Les lumières tamisées gommaient les contours ; les flammes fragiles des bougies colorées décidant d'elles-mêmes si les ombres valoriseraient tel profil, tel regard, telles formes.
Le bal se jouait entre fumeurs et non fumeurs, et les volutes grises caressaient les joues de ceux qui osaient braver la chaleur de la rue.
Les autres, qui se pliaient à la pression du tout-secure, profitaient de l'air climatisé, perdant au change la commodité d'une cigarette, objet du désir.
-J'ai envie d'un joint, pas toi ?
-Demande à Jeudi Noir. Je l'ai vue plusieurs fois en refiler à des gars.
Boulou leva la main pour appeler l'étudiante.
-J'vous sers quoi ?
-T'aurais pas un joint, par hasard ?
-J'ai l'air d'une dealeuse, par hasard ?
-Oula, mauvais jour je vois.
-C'est la dépression. J'te ramène ça. Vous voulez rien boire ?
Ils déclinèrent la proposition. Jeudi Noir partit dans un coup de vent et oublia la commande. Boulou et le Lard en profitèrent pour lever les voiles.

14 juillet 2008

Superbe programme pour le Festival de la Villette, consacré aux "Etoiles" du cinéma.
Et du beau monde sur l'écran géant de cette salle à ciel ouvert : l'ouverture testera la cinéphilie des Parisiens avec la projection de Loulou de Pabst, en cinéconcert (puisque film muet !), puis suivront pendant près d'un mois Toshiro Mifune (Rashomon), Sharon Stone (Basic instinct), de Niro (Casino), Gable/Monroe/Clift (Misfits), Delon (Plein Soleil), Bardot (Et Dieu créa la femme...)...
Hafsia Herzi prête ses traits à la Femme Fatale, créature cinématographique s'il en est. Elle est cernée par l'ombre d'un homme sur le mur et les regards des Franciliens dans le métro. Elle s'affiche dans tous les couloirs, portant fièrement l'héritage de plusieurs décennies de cinéma sur ses épaules.

Buscando un piso

-Tu crois que ça va être facile ? demanda-t-elle, pessimiste.
Boulou se retourna vers la ville, qui s'étendait derrière lui.
-Il y a des chances que non. Mais je ne suis pas là pour que ce soit facile.
-Oui, ben fais pas le malin. Achète-toi un dictionnaire et au boulot.

Il faisait chaud, son t-shirt lui collait et il n'avait plus de chewing-gums. Ça n'allait pas être facile, non ; mais en plus il n'avait plus de chewing-gums.


26 juin 2008

Speed Racer - GO !


Déjà un bide mondial avant d’atteindre les salles françaises, le blockbuster des frères Wachowski était précédé d’une réputation qui sentait le souffre. Une bande-annonce ratée, des résultats aux Etats-Unis parmi les plus catastrophiques de ces dernières années, et s’en était fait de la carrière du film ; ainsi que des critiques qui s’abattent désormais sans scrupule sur une cible facile.
Pourtant, c’est une évidence, Speed racer est d’ores et déjà une œuvre majeure du cinéma du « tout numérique ». Car il réfléchit sur son statut d’expérimentation, et travaille pour une évolution des codes cinématographiques ; cinéma qui évolue à tâtons dans les nouvelles technologies, dangereuses car omnipotentes.
300 ou Beowulf en sont des exemples récents : le numérique est parfois responsable d’un appauvrissement de la pensée dans la création de films, où l’intérêt commercial appuie sur un effet pas si spécial que ça. Les fonds bleus et verts dans lesquels on doit imaginer un espace complet, cohérent et interagir avec lui sont les récifs d’un cinéma peu pertinent.
Dans ces tumultes menaçant de faillite un siècle de recherche dans la construction d’un langage artistique s’adaptant aux diverses trouvailles passagères (la 3D, longtemps gadget des majors) ou de fond (le parlant, le Cinemascope, la couleur etc…), Speed racer marque une nouvelle étape.
Refusant d’avoir à choisir entre un cinéma classique éprouvé (plusieurs citations, telles que le portrait d’Edward G.Robinson dans un arrière plan) et des propositions audacieuses que le numérique offre à ceux qui savent déchiffrer son intérêt profond (et les Wachowski en sont), le film oscille entre Histoire et clairvoyance, que la structure même du film et de certaines scènes théorisent en permanence.
Sublime course « avec » le Passé (et non pas « contre ») que celle qu’entreprend Speed Racer, le héros du film éponyme. Parti sur les traces d’un frère héroïque disparu tragiquement lors d’une course automobile d’une extrême violence, le jeune Speed n’a pour ambition que de coller aux basques de l’image fantomatique de Rex.

C’est ainsi qu’il se retrouve, dès les premières minutes, confronté au record de ce dernier, refusant d’effacer des registres le temps jusqu’ici inégalé de celui qu’il adule encore.
Extrêmement émouvante, cette course contre la montre, contre la mort, mêle les temps imbriqués les uns dans les autres par la beauté du montage. L’Espace du circuit devient le Temps lui-même ; les Wachowski rencontrent Stephen Hawking.
Les flashbacks, qui n’en sont pas vraiment, tellement le récit premier est difficilement « localisable », sont pourtant extrêmement clairs et d’une habileté époustouflante.
De même, les réalisateurs essaient de pousser à de nouvelles extrémités les codes du montage depuis longtemps établis. Les volets des années 40, repris dans les années 70 (notamment par George Lucas, dont l’influence est assumée ici, notamment pour son « indépendance » revendiquée vis-à-vis des studios) sont transformés en gros plans kaléidoscopiques et transitoires sur les personnages, facilités par un détourage à l’ordinateur. Points de vue multiples, nouveaux split-screens, champs et contre-champs en collision dans un même plan.

C’est d’ailleurs à ces mêmes champs contre-champs « classiques » qu’ils s’attaqueront plus tard, sous une autre forme. Lors de la mortelle course dans les montagnes de Casa Cristo, trois de nos héros (Emile Hirsch, Christina Ricci et Matthew Fox), chacun au volant d’une voiture différente parlent stratégie. La caméra virevolte, passant d’un cockpit à l’autre, respectant l’une des fameuses règles cinématographiques, en l’occurrence celle des 180° (pour que les regards des membres d’un dialogue semblent s’échanger, il faut que la caméra reste du même côté d’une ligne imaginaire tracée entre eux ; pour les footeux, la règle est la même lorsqu’un match est filmé : les caméras ne sont placées que d’un coté du terrain pour ne pas troubler la perception). Pourtant, la route qu’ils suivent est pleine de tournants en épingle qui compliquent le « montage en direct » (les réalisateurs se refusant de simplement couper) que les translations numériques de la caméra permettent (par des panoramiques filés, ou des travellings transperçant les surfaces). Celle-ci change alors continuellement de place et d’angles de prise de vue, dynamisant ainsi considérablement l’enjeu de la scène.

La virtuosité d’une caméra qui peut tout n’est cependant pas une fin en soi, et les deux frères à ses manettes savent jouer habilement de ces possibilités. Ils n’en oublient pas néanmoins un montage cut (parfois extrêmement rapide mais le plus souvent limpide) qui trouve son paroxysme avec la victoire finale de Speed, sous les regards éberlués de ses proches et admirateurs (les étonnants choix de Susan Sarandon et John Goodman se retrouvent justifiés par leur recul très inspiré). Les derniers mètres de la course défilent, le bitume s’anime d’hommages à la rotoscopie et au dessin animé « image par image », ancêtres directs d’une technologie trop souvent émancipatrice vis-à-vis de son histoire.
Et une nouvelle fois Andy et Lana Wachowski fomentent une jouissance numérique et binaire (malgré tout, le film entretient ironiquement des stéréotypes tels que les « méchants » et les « héros »), comme ils l’avaient essayés dans Matrix Reloaded (et la scène de gâteau masturbatoire). Seulement, cette fois, l’explosion ne créé non pas de la vulgarité mais plutôt un plaisir immense, né d’une foi totale en un cinéma du présent.

15 juin 2008

Test

I feel spied
googled and listed.
Lost in black,
marked with colors,
approached by shades
when i get the blues.

14 juin 2008

Destruction de la Maison Cairn



Abby Cairn vient de donner naissance à la petite Lily, et le couple qu’elle forme avec Brad est éclatant de bonheur.
Joshua, leur fils aîné, joue pendant ce temps la Marche funèbre sur la mort d’un héros de Beethoven (Sonate pour piano n° 12 en la bémol majeur, opus 26).
L’enfant de neuf ans remet en question sa place dans la famille à l’arrivée de sa sœur. Jaloux des attentions qui, lui semble-t-il ne lui sont plus portées mais plutôt à elle, il glisse peu à peu dans un sadisme lentement distillé, lors des premières semaines de la vie à quatre.
Lily peine à dormir, et sa mère se sent très rapidement rejetée. La dépression postnatale s’empare d’elle, et Brad doit se charger des tâches domestiques, alors même qu’il occupe une place importante dans l’une des tours financières de la ville.
Les cris omniprésents du bébé font vaciller l’équilibre du couple qui refuse une aide extérieure, nounou ou belle-mère.
Joshua répète tranquillement sa sonate pour la fête de l’école.
Pourtant, après les solos catastrophiques de ses camarades de classe en chant ou trompette, il saborde sa propre participation au spectacle en préférant à Ludwig Van une comptine chantée à sa sœur, plus tôt. Il s’applique consciencieusement à placer des fausses notes, sous les regards interrogateurs de ses parents et de son oncle. La chansonnette se transforme peu à peu en composition dissonante étonnamment construite ; bien trop mûre néanmoins pour un enfant si jeune. Joshua s’effondre, épuisé.
Scène épatante, aussi bien écrite que réalisée, elle marque la personnalité manipulatrice du garçon qui, bientôt, passera à la destruction minutieuse de ses proches. Persuadé qu’il n’est pas aimé par eux « car ils n’en sont pas obligés », sa vengeance sera de faire qu’ils soient eux-mêmes incapables d’être aimés (révélation finale, dans les glaçantes paroles chantées à son oncle).
La construction de son piège est terrifiante de précision, jouant à la fois sur les réactions prévisibles de ses proches que sur celle d’une société qui considère les enfants comme purs.
Tous les indices qui prouvent la personnalité déviante de Joshua se retournent contre Brad (les dessins ; la vidéo ; les coups qu’il s’inflige), le seul à percevoir les motivations cruelles de sa progéniture.
On touche alors à la structure même de l’intrigue, d’inspiration religieuse (Josué portant la parole de Dieu après la mort de Moïse ; Livre de Josué).
Hazel, la grand-mère de Joshua avait prévenu : l’appartement des Cairn n’est pas une Maison, au sens biblique du terme. Ceux-ci n’ont pas vocation à fonder une famille solide, car leur fondation est fragile. Aucun futur à leur bonheur.
Joshua, provoquant son père, lui demande de regarder la maison en cubes de bois qu’il a construite. Avant de retirer celui qui tenait les autres debout.

10 juin 2008

Gros-Câlin {Gary-Ajar}

J'avais une envie terrible d'être remarqué par le professeur Tsourès, comme si j'étais un massacre, moi aussi, un crime contre l'humanité. Je rêvais qu'il m'invitait chez lui, on devenait amis, et après le dessert, il me parlait de toutes les autres horreurs qu'il avait connues, pour que je me sente moins seul.
La démocratie peut être d'un grand secours.
[...] Les savants soviétiques croient d'ailleurs que l'humanité existe et qu'elle nous envoie des messages radios à travers le cosmos.

04 juin 2008

Trompe-l'œil


Superbe affiche pour le superbe film quarantenaire de Roy Andersson.
Elle révèle ce que le film est, en cachant ce qui est peu vendeur.
Les deux amants dans la brume n'ont pas encore 14 ans, mais ils font comme s'ils en avaient 20.
L'affiche aussi.

02 juin 2008

Ce que l'on montre {ou pas}

Le cinéma est un art cruel. S’il a su par la photogénie chère à Epstein révéler la beauté des plus doux visages, par des éclairages triangulaires millimétrés, lissant les peaux, dessinant des ombres gracieuses, longs cils et fines silhouettes aux nouvelles icônes, il a pu atteindre une cruauté inédite en refusant la monstration.

Exemple frappant que le sort réservé à la mythique Mrs. Robinson, détournant le jeune Benjamin de son parcours prévisible. Ce dernier lui reproche l’aspect seulement charnel de leur relation et engage une conversation qui se révèle très difficile pour la femme adultère.
L’étudiant, dans un accès de colère arrache le drap qui recouvre le corps encore attirant de celle qui n’aura jamais de prénom.

Et Mike Nichols de lui refuser à présent l’érotisme qu’elle inspirait auparavant.
Non seulement Mrs. est durement cadrée aux épaules, mais elle devra effectuer un lent et long geste pour rabattre la couverture sur ce qui ne sera plus jamais désiré.
Ceci, la caméra l’a suivi patiemment.